Comment peut-il manquer 90 millions de femmes en Asie? Est-ce un hasard si le sida en Afrique tue plus de femmes que d(hommes? Malgrès une égalité des droits aujourd'hui admise en Occident, les conditions de vie des femmes demeurent plus précaires. Pourquoi la situation des femmes est-elle mineure, ou dévalorisée, ou contrainte, ou le tout à la fois... de façon universelle?
Certains principes universels, j'en ai la conviction, doivent être défendus au-delà des cultures et des croyances. Parmi ceux-ci, la Charte des Droits de l'Homme est un texte fondateur pour l'humanité entière. Et l'humanité inclut les femmes, mieux elle repose sur elles.
En Occident, brimades, précarité, violences conjugales, prostitution, criminalité, chômage, sexisme : les femmes sont toujours les premières victimes. Pire, il existe chez nous des zones d'ombres où des femmes vivent en état de subordination totale, sinon d'esclavage, dans ces milieux immigrés où les coutumes défient la loi. Les filles ont beau fréquenter l'école de la République, elles sont excisées, voilées, mariées de force, violentées dans leurs choix les plus intimes.
Ailleurs, plus de la moitié de l'humanité, hommes et femmes confondus, ploie sous la souffrance. La souffrance d'être pauvre, mal nourri, malade, ilettré, exploité. Mais c'est d'abord la souffrance d'être née femme, qui aggrave toutes les autres. Partout la condition des femmes nous montre la face la plus noire des réalités contemporaines. Elles sont inférieures, tout simplement. Impures. Juste bonnes à être soumises, exploitées, violées, répudiées. Destinées au silence, à l'oubli. Méprisables en somme, et indignes.
Sous prétexte de combattre la mondialisation, il faudrait respecter et promouvoir le multiculturalisme jusque dans ses aspects archaïques et dégradants. Les puristes de l'ethnicisme qui frémissent en découvrant bracelets montres, téléphones portables et préservatifs féminins au coeur de l'Afrique, ne trouvent rien à redire aux pratiques les plus dégradantes à conditions qu'elles soient ancestrales : chez les Zoulous, vérification publique de la virginité des filles, au Kerala brûlures ou immolation des femmes devenues inutiles... Certes il convient de protéger et de promouvoir la diversité culturelle qui fait la richesse du monde. Mais pas au prix des droits humains les plus élémentaires. Qu'est-ce qui compte le plus, la culture ou l'individu? Et plus précisément qu'est-ce qui doit l'emporter, la culture ou la femme?
Les femmes sont leur propre espoir, elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour changer la société. Chaque fois qu'une d'entre elles fait progresser leurs droits, l'humanité fait un pas vers un monde plus juste.
Sécurité. Intégrité. Liberté. Dignité. Egalité. Il faut s'engager à rompre les silences qui sillonent le monde.